47) L'Europe inconnue et l'amour de la sagesse

"La philosophie n'est rien d'autre que l'amour de la sagesse."
Cicéron


B

Lucian Blaga (1895-1961)

Blaga est entré dans la carrière diplomatique en 1926, est successivement en poste à Varsovie, Prague, Vienne (1932), Berne et Lisbonne (1938). Élu à l'Académie roumaine en 1937, puis professeur à l'Université de Cluj en 1940, il fut un temps proche du courant existentialiste et anti-rationaliste de "Gândirea" (La Pensée) qui fondait la "roumanité" dans le vécu-orthodoxe, mais avait fini par s'en éloigner.
Au lendemain de la guerre, le régime communiste le réduit à l'isolement (en allant jusqu'à s'opposer à ce qu'il puisse concourir pour le prix Nobel). Il ne lui reste plus, alors, que son lyrisme pour chanter en poète ce que lui inspire "l'étoile la plus triste".
Philosophe de la culture de la plus haute lignée, Blaga affirme que les coordonnées spatio-temporelles (les "horizons"), qu'il faut aussi entendre en un sens sublimé, jouent un rôle essentiel. Concernant l'identité culturelle de son pays, au cœur d'un débat qui a passionné les esprits entre les deux guerres, c'est notamment ce qu'il nomme "l'espace mioritique" (un concept issu de la ballade Mioritza) qui permet de saisir l’essence de l'esprit roumain profondément marqué par l'idée de destin.



B
Ion Barbu (1895-1961)
Dan Barbilian apporté une contribution aux fondements de la géométrie avec ses articles de 1940 à 1941 dans "der Deutschen Jahresbericht Mathematiker-Vereinigung" sur les plans projectifs avec des coordonnées d'un anneau. Selon Wladimir-Georges Boskoff, ce travail a inspiré des recherches dans la géométrie d'anneau, recherches associés à son nom, Hjelmslev et le nom de Klingenberg.



B
George Bălan (1929-)
En 1960, après trois ans d’intenses études, il obtient le Doctorat en Philosophie près de l’Université Lomonosof de Moscou sur le contenu philosophique de la musique.
De 1991 à aujourd’hui le Professeur Bălan et ses collaborateurs continuent l’activité didactique, de recherche, de formation et de diffusion dans le monde de la méthode de Musicosophia, une discipline pour l’écoute consciente de la musique classique. La méthode s’est installée dans divers pays : Allemagne, France, Italie, Espagne, Pays-Bas, Suisse, Autriche, Mexique, Venezuela et depuis quelque temps aussi en Colombie.



B
Simion Bărnuțiu (1808-1864)
Son œuvre « Le droit public des Romains » (1867) exprime le plus clairement son orientation latiniste en ce qui concerne les origines du droit roumain, de même que son option pour des princes autochtones.

"La culture de chaque nation est aujourd'hui la mesure de son bonheur et de sa solitude."


C
Emil Cioran (1911-1995)

D'une façon générale, l'œuvre de Cioran est surtout marquée par son refus de tout système philosophique. Bien plus qu'un simple pessimisme, son scepticisme philosophique demeure probablement son caractère le plus marquant. Cioran, dont les écrits sont assez sombres, fut d'ordinaire un homme plutôt gai et de très bonne compagnie. Il déclare avoir passé sa vie à recommander le suicide par écrit, mais à le déconseiller en paroles car, au premier chapitre, cela relève du monde des idées alors que, dans le second, il fait face à des interlocuteurs de chair et de sang. Tout en conseillant et déconseillant paradoxalement la solution du suicide, il affirme qu'il existe une supériorité de la vie face à la mort : celle de l'inconnu qui n'est fondée sur rien de logique ou de cohérent et ne fournit pas l'ombre d'un argument justifiant que l'on s'y accroche ou s'y maintienne. Au contraire, la finalité de la mort, elle, demeure toujours claire et certaine. Selon Cioran, seul le mystère de la vie et la curiosité qu'elle suscite constituent une raison de continuer à vivre.



C
Vasile Conta (1845-1882)
Sa conception sur l'origine des choses se fonde sur la notion de fatalité. Le fatalisme pour Conta « signifie que le processus immanent à l'œuvre dans la nature s'inscrit dans la nécessité; autrement dit l'absence de créateur n'implique pas le chaos et l'inexistence de loi. »

"Le monde, dans chaque visage que nous la regardons, est régi par des lois naturelles et fatale."


D
Philosophe brillant, il n’a jamais voulu publier aucune page. Il disait toujours que publier ne l’intéressait point, que l'essentiel était de comprendre. Il a refusé ainsi constamment d’entrer dans toute entreprise culturelle. On ne savait pas même s’il écrivait ou pas. Walter Biemel raconte que Heidegger appréciait beaucoup l’intelligence éclatante de Dragomir. Ce dernier participait aux séminaires restreints de Heidegger et on disait que, lorsque la discussion tombait en panne, Heidegger se tournait vers lui en disant : « Eh, que pensent les Latins ? ». Dragomir était ami intime de Biemel, avec lequel il a traduit en roumain « Qu’est-ce que la métaphysique ? » (en 1942). À la fin de 1943, Dragomir est obligé de quitter Fribourg et les séminaires de Heidegger et de rentrer en Roumanie pour la mobilisation dans le service militaire. C’était la guerre. Même l’insistance de Heidegger pour demander la prolongation de son séjour à Fribourg ne peut empêcher son départ pour le front.



E
Mircea Eliade (1907-1986)
Il est un historien des religions, mythologue, philosophe et romancier roumain. Polyglotte, il parlait et écrivait couramment cinq langues (roumain, français, allemand, italien et anglais) et savait lire aussi l'hébreu, le persan et le sanskrit, mais la majeure partie de ses travaux universitaires a été écrite d'abord en roumain, puis en français et en anglais.
Mircea Eliade est considéré comme l'un des fondateurs de l'histoire moderne des religions. Savant studieux des mythes, Eliade élabora une vision comparée des religions, en trouvant des relations de proximité entre différentes cultures et moments historiques. Au centre de l'expérience religieuse de l’homme, Eliade situe la notion du « Sacré ».

"Notons pourtant que ce serait une erreur de croire que l’homme religieux des sociétés primitives et archaïques refuse d’assumer la responsabilité d’une existence authentique. Au contraire, nous l’avons vu et nous y reviendrons, il assume courageusement d’énormes responsabilités : par exemple, celle de collaborer à la création du Cosmos, de créer son propre monde, d’assurer la vie des plantes et des animaux, etc. Mais il s’agit d’une responsabilité sur le plan cosmique, à la différence des responsabilités d’ordre moral, social ou historique, seules connues des civilisations modernes. Dans la perspective de l’existence profane, l’homme ne se reconnaît de responsabilité qu’envers soi-même et envers la société. […] Mais, existentiellement, le « primitif » se situe toujours dans un contexte cosmique. Son expérience personnelle ne manque ni d’authenticité, ni de profondeur, mais s’exprime dans un langage qui ne nous est pas familier, elle semble aux yeux des modernes inauthentique ou enfantine."


E
Pompiliu Eliade (1869-1914)
Il est un historien littéraire, philosophe et professeur de français à l'université de Bucarest. Il devint membre correspondant de l'Académie roumaine le 21 mai 1912.

"Rarement l’action d’un peuple sur un autre fut plus complète, plus envahissante, plus enveloppante que l’influence française en Roumanie… on la reconnait dans toutes les manifestations de l’esprit roumain, en politique aussi bien qu’en législation, dans la littérature aussi bien que dans sa conception administrative ou dans la vie sociale".


F
Mircea Florian (1888-1960)
Il était un philosophe et traducteur roumain. Actif principalement au cours de la période entre les deux guerres, il a été un adepte du rationalisme.

"L'amour absolu est rare et il est dangereux de laisser son fantôme pour nous guider,
parce que nous sacrifions le bonheur à notre portée, pour un bonheur possible..."


I
Nae Ionescu (1890-1940)
Il était un philosophe roumain, logicien, mathématicien, professeur et journaliste. L'œuvre de sa vie a eu un effet profond sur une génération de penseurs roumains, d'abord pour ses études sur la religion comparée, la philosophie et la mystique, mais plus tard, pour son sentiment nationaliste et d’extrême droite.



L
La pensée de Liiceanu a été influencé surtout par la philosophie de la vie et par la phénoménologie. Il a développé un style propre en combinant la réflexion sur les problèmes classiques de la philosophie et l'autobiographie. Il a traduit des écrits de Platon, de David Armenios et de Martin Heidegger en roumain. En France il est connu aussi comme spécialiste et éditeur de Cioran.



L
Stéphane Lupasco (1900-1988)
Il est l'auteur de la Logique dynamique du contradictoire, fondée notamment sur la notion de Tiers inclus. Cette logique générale, englobant la logique classique comme un cas particulier, vise à rendre compte du devenir tri-polaire de la matière-énergie : la matière-énergie macrophysique, la matière-énergie vivante et la matière-énergie psychique, les "trois matières" pour reprendre le titre de son livre le plus célèbre.
Bien que des penseurs reconnus se soient inspirés de son œuvre, comme Edgar Morin, son influence sur la pensée du XXe siècle est encore peu étudiée.

"La contradiction est la sauvegarde de l'éternité."


M
Titu Maiorescu (1840-1917)
Avocat, essayiste, esthéticien, critique littéraire, franc-maçon, politicien roumain (membre du parti conservateur), ministre de l'intérieur et membre fondateur de l'Académie roumaine et de la société littéraire Junimea, il a été ministre des affaires étrangères entre 1910 et 1914 puis premier ministre de Roumanie de 1912 à 1914. Il a représenté la Roumanie lors de la conférence de paix de 1913 à Bucarest qui mit un terme à la seconde guerre balkanique.
Tant en littérature qu'en politique, son cœur penchait plutôt vers l'Allemagne que vers la France. Il s'opposa à l'entrée de la Roumanie dans la Première Guerre mondiale mais refusa également de collaborer avec l'armée allemande après qu'elle eut envahi le pays.
Le docteur en philosophie commence son œuvre par les fondements: l’enseignement et la langue nationale, son rêve en tant que ministre de l’Instruction publique étant celui d’élaborer une nouvelle loi de l’enseignement.
Dans la cristallisation de l’idéal classique de Maiorescu, un rôle important revient à l’art et à la littérature gréco-latine. Parmi les aspects qu’il appréciait particulièrement chez les maîtres de l’Antiquité se range leur capacité à s’élever au-dessus de la subjectivité, de sorte que leurs œuvres donnent une voix à l’humain et à l’universel et non pas au vécu d’un individu isolé, déterminé. Autrement dit, ils ont impersonnels.
A l’âge de la maturité, la rencontre avec la philosophie schopenhauerienne vient comme une confirmation et une catalisation de ce qu’il avait acquis par la fréquentation du classicisme grec, latin et goethéen: l’art détiendrait le privilège de soustraire le créateur (et son contemporain) à la tyrannie de la volonté et, par conséquent, de l’égoïsme.



M
Samuil Micu Klein (1745-1806)
Il est un théologien, historien, philologue, traducteur et philosophe roumain des Lumières. Il était le neveu de l'évêque gréco-catholique roumain Inocențiu Micu-Klein.

"Il faut lire avec assiduité, plutôt les livres des écrivains d'autrefois, que les livres des écrivains de votre temps."


N
Constantin Noica (1909-1987)
Il est un philosophe, essayiste, écrivain, journaliste et poète roumain. Entre 1949 et 1958, il a eu domicile forcé à Câmpulung-Muscel. En 1958, il est arrêté et condamné à 25 ans de travaux forcés et à la confiscation des biens. Après six ans de prison ferme passés à Jilava, il a été libéré en août 1964. Depuis 1965, il a travaillé au Centre de Logique de Bucarest. À partir de 1975, il a vécu à Păltiniș où son chalet est devenu un lieu de pèlerinage et de dialogue socratique pour ses admirateurs et pour ses disciples.



P
Il est un écrivain, essayiste, physicien et philosophe roumain. Il devient assistant à la Chaire de physique de l'Institut polytechnique de Bucarest le 1er octobre 1990. Le 1er octobre 1994 il quitte le département de physique pour diriger le centre d'études germaniques à la Faculté de philosophie de l'Université de Bucarest jusqu'en 1996.

"Une des vertus est pas de gagner - car il peut vaincre de toute façon,
mais à perdre étranglement votre vanité."


P
Andrei Pleșu (1948-)


R
Dumitru Roșca (1895-1980)
Il a publié en français l'ouvrage philosophique: "Existence tragique: une tentative de synthèse philosophique". Il a contribué par ses écrits à la théorie de l'existentialisme. Il fut influencé par Hegel et par Søren Kierkegaard.

"Il ne peut y avoir aucune vie spirituel supérieure où il ne reste un surplus d'énergie et de temps,
où l'homme est plié - de l'aube à la nuit, sous le poids des soucis de l'existence matérielle."


R
Il était un philosophe roumain, psychologue, sociologue, logicien, universitaire, auteur dramatique, ainsi que politicien nationaliste de centre-gauche avec un discours anti-fasciste.
Il a été alarmé par les avancées soviétiques et l'occupation éventuelle; il déplorait aussi que la Roumanie a échoué à adopter le Plan Marshall. En Juin 1948, six mois après la mise en place du régime communiste, Radulescu-Motru était parmi les membres de l'Académie purgés par les nouvelles autorités (il a été réintégré à titre posthume en 1990). L'ensemble de son travail a été rejeté par la rhétorique stalinienne officielle en tant que «idéalisme».

"La vocation est évidente quand elle est requise par l'instinct de préservation d'un peuple;
elle est une manifestation de l'énergie d'une nation, de la puissance d'un peuple et par là matérialisation,
elle est - dans le même temps, une valorisation."


S
Maurice Solovine (1875-1958)
Les trois membres de l'Académie Olympia:
Conrad Habicht (à gauche), Maurice Solovine (au centre) et Albert Einstein (à droite)


Il est un mathématicien et philosophe d'origine roumaine. Il a été très lié à Albert Einstein : dès 1902 à Berne, ils créent avec Conrad Habicht l'Académie Olympia. Solovine, habitant Paris, retrouvera Einstein lors du voyage de celui-ci à Paris en 1922, et sera le principal traducteur des ouvrages d'Einstein en français, chez Gauthier-Villars et Flammarion. Ils entretiendront une longue correspondance : les lettres d'Einstein à Solovine ont été publiées après la mort d'Einstein, en 1956.
Solovine est aussi le traducteur en français des œuvres de philosophes grecs.


S
Zaharia Stancu (1902-1974)
Il est un écrivain, poète, romancier, philosophe, directeur de théâtre, journaliste, académicien roumain.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut emprisonné par le régime fasciste de la Roumanie pendant la Seconde Guerre mondiale dirigée par le dictateur Ion Antonescu. Il resta détenu dans le camp de concentration de Târgu Jiu réservé aux prisonniers politiques.
En 1946, il est nommé directeur du théâtre national de Bucarest. Après l'instauration du régime communiste, il devint membre de l'Académie roumaine.
En 1971, il est le lauréat du Prix Herder remis par le gouvernement autrichien.

"Il n'y a feu dans le monde plus fort que... le feu brûlant le feu de l'amour."


S
Aurel Stroe (1932-2008)
Il est un compositeur de musique contemporaine, philosophe et linguiste. Il est souvent considéré comme le chef de file de la musique contemporaine roumaine. Aurel Stroe a suivi des cours de musique au Conservatoire supérieur. Il fut l’élève de Ligeti, Kagel et Stockhausen. Il enseigna à son tour la composition et l’orchestration au Conservatoire de Bucarest de 1972 à 1985. En 1972 il enseigne également aux États-Unis à l’université de l'Illinois. Installé à Mannheim depuis 1986, il revient en Roumanie après la chute du régime communiste en 1989 mais continue à vivre en Allemagne.

"En rêve nous défaissons le chevauchement de temps."


T
Petre Țuțea (1902-1991)
Entre 1936 et 1939, il a fait partie du Ministère de l'Éducation Nationale. Il a écrit dans beaucoup de publications, surtout dans « Le mot », conduit par Nae Ionescu, dans lequel il a publié des articles d’économie politique. Entre 1940 et 1944, il a fait partie du Ministère de la Guerre.
Il a été arrêté par les autorités communistes et il a été interné sans condamnation cinq ans (1948-1953). Ensuite, il a été arrêté, le 22 décembre 1956, pour avoir comploté contre l’ordre social. Il a été condamné à dix ans ferme, en 1957. Après avoir été libéré, en 1964, Țuțea a été toujours sous l’observation de la sécurité communiste. Ses manuscrits et ses études ont été confisqués.
Petre Țuțea a été surnommé le Socrate de Roumanie, pour ses préoccupations philosophiques et pour son rôle éducatif. À cause des persécutions, il n’a pas publié beaucoup avant 1989, mais, après la chute du communisme, ses publications ont été diffusées dans tout le pays.

"A propos de la chrétienté, Bergson dit que nous la respirons. Elle a la matérialité de l'air.
Elle est comme l'air. Nous sommes chrétiens, même sans le vouloir. Même quand nous sommes athées,
nous sommes toujours chrétienne, parce que nous respirons le christianisme comme l'air."


V
Il fait sa maîtrise (1996) et DEA (1997) de philosophie à la Sorbonne. Il est promu docteur en philosophie de l’Université Babeș-Bolyai de Cluj-Napoca (2002) puis docteur en lettres de l’Université de l'Ouest de Timișoara (2005) et finalement docteur en histoire culturelle de l’École Pratique des Hautes Études de Paris (2006).



V
Mircea Vulcănescu (1904-1952)
Mircea Aurel Vulcanescu (3 Mars 1904, Bucarest - le 28 Octobre 1952, Aiud) était un philosophe roumain, économiste, professeur d'éthique et sociologue.
Il a étudié la philosophie et le droit à l'Université de Bucarest; il a obtenu son diplôme en 1925. Il a ensuite été plus attiré par la sociologie, en raison de ses expériences de terrain (campagnes de monographie) sous la coordination du professeur Dimitrie Gusti. Gusti est devenu l'un de ses mentors les plus admirées, aux côtés de Nae Ionescu. Il a également été l'assistant de Gusti à l'Université de sociologie à Bucarest. Dans l'hiver de 1927, il a commencé à collaborer avec Gândirea. Roi Carol I et, plus tard, le roi Michel lui offris prix et distinctions pour les services rendus à la nation roumaine.
De Juin 1935 au Septembre 1937, il était directeur du Service des Douanes, tandis que, en 1940, il était directeur de la Casa Autónoma de Finantare şi Amortizare. Du 27 Janvier 1941 au 23 Août 1944, il était sous-secrétaire au ministère des Finances, dans le gouvernement Ion Antonescu.




Sources:
Qu’est-ce que la philosophie roumaine?
Wikipedia Catégorie: Philosophe roumain
Lucian Blaga
George Bălan
Emil Cioran
Alexandru Dragomir
Entretien de José Thomaz Brum avec Ciprian Vǎlcan
Livres et dictionnaires
Alkemie
Revue Roumaine de Philosophie
Une sagesse de l'amour

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